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COSTUMES DE MONGOLIE

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"Mongolie"

 

L’étude historique et ethnologique des costumes permet de matérialiser la culture d’un peuple et de mieux comprendre les processus d’évolution d’une société. Le costume est bien souvent le premier degré de reconnaissance sociale, il apporte une série d’informations sur la personne qui le porte : sexe, classe d’âge.. mais aussi sur son environnement social. Il constitue un véritable système dans lequel est représenté l’acte individuel et l’institution collective.


En Mongolie, le costume des personnes âgées est de couleurs plus foncées, il est plus sobre que celui des jeunes gens, plus gai et stylisé mais c’est celui des femmes mariées qui est le plus richement orné, traduisant l’importance de ce statut dans une société où la survie de tout un peuple dépend étroitement de la fécondité de ses femmes.

Les matériaux, techniques de confection et ornementations évoluent attestant de l’existence d’échanges avec les peuples voisins. Le costume que nous considérons comme « traditionnel » est donc en perpétuel mouvement même s’il paraît au premier coup d’œil présenter un caractère d’immuabilité.




Les costumes mongols sont d’une très grande richesse, étroitement liés au style de vie, aux aspects économiques, aux conditions naturelles et climatiques du pays, ils doivent répondre aux différentes situations de la vie : monter à cheval, soigner les animaux mais aussi se parer pour les fêtes…Le del (manteau) se porte toute l’année mais connaît une adaptation selon les saisons. En été il est en soie, coton ou satin doublé d’un tissu léger le « terlek » « тэрлэк ». En automne et hiver il est matelassé, rembourré avec de la laine le « khovontei deel » « ховонтэй дээл » ou en peau d’agneau le « khurgan dotortoi deel » « хурган дотортой дээл ». En hiver il est en peau de mouton ou chèvre, doublé de fourrure de loup, lynx, renard, putois, zibeline…le « tsagaan nekhi deel » « цагаан нэхий дээл ». Les peaux sont souvent teintes en jaune ou vert et ornementées.

Selon les ethnies le costume mongol présente surtout des différences dans le choix des couleurs, dans les détails d’ornements, de coupe et de motifs, d’emplacement des emmanchures et galons. Les distinctions les plus marquantes se retrouvent dans les coiffes, toques et chapeaux. Il existe deux façons de placer les galons pour orner les coutures, si les galons sont cousus à l’oblique le del s’appelle « tachou engeteï deel » « ташуу энгэртэй дээл », s’ils sont cousus droits « zadgaï engeteï deel » « задгай энгэртэй дээл ». Les galons de velours noirs sont utilisés partout. Les matériaux utilisés sont le cuir, la laine, les peaux, les fourrures, le coton, la soie et le velours.

Chez les Khalkas, le marron est la couleur dominante alors que les Bouriates privilégient le bleu et les Khotons les couleurs sombres. Les cheveux des femmes Khakhas et Miangads graissés et nattés en forme d’ailes d’aigles d’une largeur plus ou moins grandes selon la région sont maintenus par des barrettes en or ou argent ornés de perles, émeraudes, corail et pierres précieuses. Les femmes Uzemcins et Darigangas préféraient les ornements de corail.


Avec le temps, le costume s’est simplifié, aujourd’hui, les Mongols aiment les couleurs saturés, intenses et denses. La ceinture du del tranche toujours par rapport à la couleur de celui-ci. Les couleurs sont l’expression du caractère divin de la nature. Les deux couleurs aériennes, le bleu comme le ciel évoque la pureté, l’immatérialité, le rêve mais aussi l’air et le vent, le jaune comme le soleil évoque l’idéal de paix, de sagesse. Les couleurs terrestres, les bruns et les verts représentent la terre, la nature et la régénération de la vie.

Parfaitement adapté à la vie des cavaliers, le del se portent encore en toutes circonstances et toutes saisons. Peuple nomade des grands espaces, les Mongols ont toujours su intégrer les éléments extérieurs afin d’enrichir leur propre culture mais ils ont aussi beaucoup contribué à l’évolution de toute une civilisation des steppes. Connus le plus souvent pour leurs conquêtes, ces soi-disant « barbares » nous donnent  pourtant une grande leçon de tolérance.


Source : Catherine Lantenois.Ethno-anthropologue Anthropologie sociale et culturelle adaptée au développement de l’environnement, de l’éducation, de la santé et du sport.
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